Introduction
La France traverse aujourd’hui un moment de vérité.
Le tumulte politique, la fragmentation institutionnelle, les tensions sociales et l’incertitude budgétaire composent un paysage où l’urgence domine la vision.
Concevoir un budget est devenu un exercice de survie politique plus qu’un acte de stratégie nationale.
Or un pays sans budget sincère et équilibré, c’est un pays affaibli, dépendant, et bientôt disqualifié.
Certes, il faut agir vite. Mais l’urgence ne doit pas masquer l’essentiel : l’immense travail de refondation que la France doit entreprendre pour redevenir maîtresse de son destin.
Et c’est ici que le débat fiscal, plus que jamais, révèle notre difficulté à regarder le réel en face.
1. Un débat fiscal qui cache une crise institutionnelle
La résurgence de la “taxe Zucman” et les propositions d’alourdissement de la flat tax ne sont pas seulement des mesures techniques : elles traduisent un malaise plus profond.
Faute de réformer la dépense publique, la France cherche encore à corriger ses déséquilibres en “faisant payer les riches”.
Cette stratégie, moralement séduisante pour certains, économiquement stérile pour tous, entretient l’illusion d’une justice par la contrainte.
Mais la vérité est ailleurs : un pays qui ne maîtrise plus son budget perd sa souveraineté, et un État qui taxe sans réformer s’affaiblit doublement — financièrement et moralement.
2. La démagogie fiscale comme substitut à la réforme
L’article « C’est le déclassement assuré » de Jean KEDROFF dans Le Figaro le rappelle avec acuité : la France s’obstine à confondre morale et efficacité.
Jean-Baptiste Colbert disait que l’art de l’impôt consistait à “plumer l’oie avec le moins de cris possible”.
Aujourd’hui, nous faisons l’inverse : beaucoup de cris pour peu de plumes.
Sous prétexte de justice sociale, on renforce la défiance, on affaiblit la compétitivité et l’on décourage ceux qui entreprennent.
En s’attaquant même au capital professionnel, la France se distingue négativement : aucun autre pays ne taxe ainsi la production de richesse.
C’est une impasse morale et économique.
3. Pendant ce temps, nos voisins bâtissent la confiance
Pendant que Paris débat, l’Europe avance.
La Suède a supprimé impôt sur la fortune et droits de succession, retrouvant ainsi croissance et stabilité.
L’Italie attire les nouveaux résidents grâce à une fiscalité plafonnée et prévisible.
Le Portugal incite ses expatriés à revenir.
Même les États-Unis envisagent de libérer les cryptoactifs pour devenir le centre mondial de la finance numérique.
La France, elle, se crispe : elle taxe quand d’autres investissent, elle soupçonne quand d’autres encouragent, elle moralise quand d’autres réforment.
Résultat : fuite des capitaux, défiance des entrepreneurs et affaiblissement du socle productif.
4. Les vrais sujets : lever les freins aux réformes
La question n’est plus seulement fiscale.
Elle est structurelle : pourquoi la France ne parvient-elle plus à se réformer ?
Parce qu’elle s’est enfermée dans une culture de la dépense rigide, un centralisme paralysant et une peur du changement.
Les corporatismes bloquent, l’État se fragmente, la décision politique s’enlise dans le commentaire permanent.
Pourtant, le contexte international ne laisse plus de place à l’attentisme : crises géopolitiques, transitions énergétiques, révolution technologique — le monde avance vite, trop vite pour une France immobile.
Les réformes ne sont pas un luxe : elles sont une question de survie nationale.
5. Retrouver la vérité et la droiture
Ce dont notre pays a besoin, ce n’est pas d’une énième taxe, mais d’un nouveau contrat de confiance.
Une fiscalité stable, lisible et juste.
Un budget sincère, orienté vers l’investissement plutôt que la redistribution mécanique.
Un État stratège, recentré sur ses missions essentielles et respectueux de ceux qui créent de la valeur.
La réforme n’est pas une punition : c’est un acte de fidélité envers l’avenir.
La justice ne consiste pas à tondre ceux qui réussissent, mais à offrir à chacun la possibilité de s’élever.
C’est cela, la vraie égalité républicaine : non pas l’égalitarisme par le bas, mais l’émancipation par l’effort.
Conclusion
La France ne manque ni de talents, ni d’énergie, ni de ressources.
Ce qui lui manque, c’est une volonté collective de vérité.
Vérité sur les chiffres, vérité sur nos blocages, vérité sur la nécessité du changement.
Nous devons avoir le courage de dire que l’argent n’est pas un ennemi, mais un levier ; que la réussite n’est pas une faute, mais une chance pour le pays.
Le vrai projet dont la France a besoin, c’est celui de la lucidité et de la droiture.
Celui d’un État qui cesse de plumer l’oie pour mieux la nourrir.
Car à force de vouloir punir la richesse, la France risque bien de se retrouver sans plume… ni oie — et sans avenir.
