La remise à plat des impôts

La Remise à plat

Extraordinaire car en annonçant la remise à plat des impôts, l’exécutif et particulièrement le premier Ministre ( le Ministre des finances est bien silencieux dans l’histoire) laisse entendre qu’il a « enfin » compris les raisons de l’angoisse qui étreint la population dans cette période d’austérité sans précédents récents et les raisons qui affectent notre activité économique et qui démolissent l’image déjà bien terne de la France et de sa compétitivité. Jusqu’à se convaincre, aidé par une presse bienveillante, que la qualification pour le Mondial au Brésil va redonner le moral à la population, nous n’en sommes pas loin. C’est le double effet « Kiss cool ».

Mais a-t-il réellement saisi le fonds du problème ou plutôt veut-il l’accepter?

Deux raisons nous permettent d’en douter, ….d’autant que l’annonce qualifiée d’effet de surprise et la volonté de canaliser le débat entre les parlementaires et les partenaires sociaux semblent être une vaine tentative pour reprendre la main face à la mobilisation nationale.

  • D’une part, l’angoisse des contribuables, qui effondrés à la vue de la baisse de leur pouvoir d’achat, espèrent que la pression fiscale va diminuer. Il ne faut malheureusement pas y compter car peu de temps avant, il avait pris le soin de préciser qu’il n’y aurait pas de baisse d’impôts.
  • D’autre part, est-il à l’écoute des chefs d’entreprise et des investisseurs qui ne cessent de dénoncer l’instabilité chronique de la fiscalité? Est-il conscient qu’associée à son poids, elle alourdit les charges de nos entreprises dans des proportions honteuses et annihile une grande partie de leurs efforts pour améliorer leur compétitivité? Peut être mais il n’écoute que ce qui arrange son sacro-saint dogmatisme. Et, en attendant, la fiscalité française reste confiscatoire et prive les agents économiques des moyens essentiels pour relancer l’activité efficacement.

Or, gérer ne consiste pas à ne chercher que des recettes. La gestion des charges est indispensable afin de diminuer leur pression et permettre d’investir et d’innover. Mais,

  • Parle-t-on de réduire les charges?
  • Parle-t-on de dépenses publiques et de leur poids considérable dans le budget de notre pays?

Non et c’est bien là le drame. Mais qu’attendre de plus de ceux qui sont de vrais apôtres de l’égalitarisme, de la redistribution et de l’assistanat…

Denis PAYRE, cofondateur de la société « Business Object » et créateur du mouvement « nouscitoyens.fr » dit très justement que la France est une surdouée qui s’ ignore. Mais s’ignore-t-elle vraiment ou bien n’est-elle pas jugulée par une caste dirigeante qui se croit toute puissante, donc seule capable d’assurer le destin de notre pays et qui s’est professionnalisée. Se perpétue alors ce jeu permanent des luttes de pouvoir et d’influence où l’essentiel est de préserver sa situation, la réalité et l’objectivité de l’action étant alors renvoyées au second rang.

Alors, aujourd’hui, c’est un vrai cri d’alarme qu’il faut lancer et il faut se mobiliser pour briser ce modèle obsolète. Beaucoup de chantiers sont à lancer d’urgence.

Mais avant tout, il nous faut nous mettre au chevet de notre économie car sans elle, en bonne santé, beaucoup de chantiers resteront dans les cartons.

Il faut engager en urgence une vraie politique de réduction des dépenses publiques car le déficit de notre pays ne trouvera pas de solutions uniquement dans le tout impôts. L’impôt jugule la croissance et par voie de conséquence brise la confiance des agents économiques ; en plus, tout le monde connaît l’adage « Trop d’impôts tue l’impôt » maintes fois démontré.

Sans Croissance, notre pays ne pourra pas régler ses problèmes. Or, la croissance, c’est l’innovation et l’investissement qui permettront à nos entreprises de regagner sur le plan de la compétitivité et par voie de conséquence de relancer l’emploi. En plus, la compétitivité pour notre pays passe aussi par la renaissance de la compétitivité de son Etat mais il vit tellement au dessus de ses moyens que le mot faillite n’est plus une pure vue de l’esprit si il n’y a pas de réforme radicale des fonctions de l’Etat.

Alors, la réduction du coût du travail et des dépenses, bien entendu mais n’oublions pas l’essentiel, c’est à dire une réforme de la politique fiscale en faveur de l’innovation, de la créativité et de l’investissement. La France est effectivement une surdouée qui s’ ignore mais donnons lui les moyens nécessaires à cette expression et après, on ne l’arrêtera plus.

Alors, la remise à plat des impôts uniquement pour satisfaire la promesse présidentielle de fusionner Impôt sur le revenu et CSG est tout sauf une solution crédible face au lourd défi que notre pays doit affronter. Et puis, comment croire à une situation juste tant la solution au mariage de la proportionnalité et de la progressivité est compliquée.

  • Quelle serait l’assiette du nouvel impôt ?
  • Comment doit-on tenir compte des situations familiales ?
  • Comment doit-on traiter les niches fiscales ?

De plus, le nouvel impôt devrait être prélevé à la source, ce qui posera un problème de taille l’année de sa mise en oeuvre, pendant laquelle les contribuables devraient en théorie s’acquitter de l’Impôt sur le Revenu de l’année précédente, tout en payant le nouvel impôt en direct…

Un « Mariage pour tous » qui pourrait bien être bancal. A moins que le courage l’emporte et qu’une vraie réforme soit engagée avec pour précepte, Une fiscalité au service de notre économie et de sa croissance

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