ImageMesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires
Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants
Mesdames et Messieurs les élus
Mesdames et Messieurs
chers amis

En ce jour du 8 mai 2018, soit 73 ans plus tard, nous continuons à entretenir notre mémoire ; c’est un devoir pour nous tous de garder en éveil nos esprits ainsi que ceux de nos jeunes générations car le Monde n’est pas vraiment en Paix.

Puiser dans notre sombre histoire est un véritable appel à la raison qui ne doit jamais s’éteindre

Rappelons-nous ces instants de notre histoire

Les insatisfactions nées de la fin de la première guerre mondiale ainsi que la volonté d’expansion de certains dirigeants, ont entraîné les pays réunis sous l’Axe dont les principales nations étaient l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et l’Empire du Japon, à affronter les pays Alliés dont le Royaume-Uni et la France. L’URSS d’abord avec l’Axe rejoindra par la suite les Alliés, suite à l’invasion de son territoire par l’Allemagne.

Les conflits vont alors s’étendre jusqu’à devenir mondiaux incluant l’Espagne, la Pologne, la Chine et les États-Unis ainsi que les empires coloniaux…

Débutée en septembre 1939, la seconde guerre mondiale ne prendra fin que le 8 mai 1945 en Europe par la capitulation sans conditions du IIIe Reich et le 2 septembre 1945 sur le théâtre d’opérations Asie-Pacifique par la capitulation également sans conditions de l’Empire du Japon.

Mais que se passa-t-il le 8 mai 1945 ?

Fin avril 1945, l’Allemagne nazie est assaillie de toutes parts, tant du côté Est que du côté Ouest. Les Soviétiques entrent dans Berlin le 30 avril 1945 et Hitler se donne la mort dans son bunker le même jour.

Le colonel général Jodl prend alors les rênes de l’Allemagne et signe l’acte de reddition inconditionnelle de l’armée allemande, le 7 mai 1945.

A la demande de Staline, une signature de la capitulation est organisée le lendemain à Berlin en présence des plus hauts représentants de la Wehrmacht et des dirigeants des pays Alliés.

Le 8 mai devint donc la date officielle

de la fin de la seconde guerre mondiale, en Europe.

La fin de la guerre est proclamée et partout, les populations fêtent l’arrêt des hostilités.

Mais le bilan fut très lourd.

Les conflits ont mobilisé plus de 100 millions de combattants de 61 nations. Les politiques d’extermination de population, les conditions de vie difficiles, les combats sur les territoires civils ont causé la mort de 62 millions de personnes, dont une majorité de civils.

L’organisation des relations économiques et politiques entre nations ainsi que l’organisation des sociétés ont été profondément bouleversés.

Alors, aujourd’hui comme tous les 8 mai, nous célébrons tous ensemble et, dans de nombreux pays, le « jour de la victoire ». Cette journée de rassemblement est le symbole de la fin de la guerre, la victoire de la tolérance, de la solidarité et de la démocratie.

Rendons donc hommage à tous ceux dont le sacrifice suprême fut celui de leur vie

  • Ceux qui se sont battus pour donner une chance à cette liberté de venir jusqu’à nous et délivrer le monde d’une emprise des idées totalitaristes.
  • Toutes ces femmes, tous ces hommes parfois presque encore des enfants qui ont choisi de s’opposer au péril de leur vie aux idéologies nazie et qui sont entrés en actes de résistance.
  • Ceux qui ont souffert et qui sont morts dans d’atroces conditions pour leur religion, leur appartenance à une religion ou leur orientation sexuelle.

Or Le temps passe et les époques changent. Pourtant, l’homme doit toujours rester riche de son histoire.

C’est en prenant conscience du passé, en nous projetant sur les faits historiques et sur la façon dont les acteurs responsables de ces faits ou les acteurs malgré eux ont réagi que nous pouvons comprendre ce qui fait sens aujourd’hui et demain.

Notre monde vit toujours des épisodes douloureux qui peuvent nous sembler aussi difficiles et confus que ceux qui nous réunissent.

Nous devons prendre conscience que notre devoir est de nous positionner car les conflits existants dans le monde sont aussi des conflits qui nous concernent et les dictatures qui minent nos sociétés doivent être éradiquées sur la planète.

N’oublions pas que nous devons, sans cesse, nous questionner sur nos actes, sans cesse agir ou nous situer pour que la Paix soit durable.

C’est vrai que notre pays, au-delà de ses difficultés peut agir aux yeux du monde par l’intermédiaire de l’organisation des nations Unies ou bien juste parce que notre nation est une puissance militaire reconnue.

Mais nous pouvons également intervenir en tant qu’individu en refusant tout au long de notre quotidien la discrimination, le racisme ou tout autre forme d’intolérance.

N’oublions pas que nous avons tous un devoir envers les prochaines générations et que nous devons montrer l’exemple tout en faisant en sorte que le monde que nous transmettons soit meilleur. Disons-le à nos jeunes et surtout donnons-leur le bon exemple : chaque homme est l’égal de nous-même. Transmettons l’idée que la différence est une richesse et non un danger.

Friedrich Nietzsche a écrit « Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. »

N’oublions donc pas que seule la solidarité a pu sauver l’humanité.

Je souhaite que la France, que l’Europe se souviennent et que nos enfants soient aussi les acteurs de cette mémoire. Nous devons, à travers les nouvelles générations, transmettre nos mises en garde. L’avenir de nos enfants et celui de leurs enfants en dépendent.

Le célèbre Sénèque écrivait il y a près de 2000 ans : « Pendant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l’humanité. »

 

Je souhaite donc que nous observions une minute de silence pour rendre hommage à tous les soldats qui ont combattu pour changer le présent et l’avenir, à tous ceux qui ont perdu la vie, qui ont été blessé dans leur chair et dans leur tête.

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Réflexions sur la Commune

Vive-la-commune

 

Nous savons comme l’inquiétude est manifeste chez les élus locaux aux seules idées d’une diminution du nombre d’élus, d’une diminution importante de la souveraineté fiscale du maire par la suppression de la Taxe d’Habitation et du risque de perte de maîtrise du développement de leur territoire en cas de transfert de la gestion de leur PLU vers un PLUI ou pire pour certaines communes par une prise en main préfectorale pour non atteinte des 25% malgré des contraintes avérées et honnêtes, alors que le principe de la contractualisation serait une solution véritablement gagnante/gagnante.En clair, le gouvernement chercherait à retirer aux communes le pouvoir fiscal et le pouvoir d’aménagement du territoire qui seront alors imposés d’en haut par l’Etat, retirant aux citoyens toutes libertés de choix. Une grave atteinte à la commune, puissant révélateur des notions modernes de la démocratie qui demeure un concept en perpétuelle évolution et lieu où résident les connaisseurs des réalités locales. Le modèle de la commune reste fondamental pour notre société et il est impératif que nous sachions réagir face à toutes les embûches que l’on s’attache à dresser régulièrement pour le fragiliser. Dire que seul Colbert avait raison, c’est aller bien vite en besogne et pareille affirmation s’apparente à l’outil démagogique dont certains hauts fonctionnaires usent sans vergogne. Car c’est vite oublier que la commune est le creuset de notre civilisation dont l’élite politique ferait bien de s’inspirer si elle veut tenter de récupérer sa crédibilité.
Faut-il rappeler ce que Jean Jaurès disait entre autres sur la loi du 14 décembre 1789 qui a installé en France les communes : «c’est l’action incessante et toujours éveillée de ces municipalités innombrables qui suppléa à l’inévitable défaillance du pouvoir exécutif, maintint l’ordre, châtia ou prévint les complots, assura, par des ateliers de travail, la vie des pauvres, et multiplia les prises de la Révolution sur le pays»
Quel est en fait le fond même du débat?

A partir d’un constat majeur de société qui impose un vrai travail de fond mais surtout qui impose de prendre de vraies décisions, l’exécutif tente de reprendre l’hégémonie notamment par une volonté affirmée de détricoter violemment la décentralisation commencée il y a plus de 30 ans en profitant du laxisme réformateur qui a fait prendre au pays beaucoup de retard. Le principe du balancier joue à plein régime et d’un système de décentralisation majeur, la volonté est de revenir au système colbertiste où la centralisation est totale.
Et c’est en se cachant derrière des chiffres dont l’interprétation est pour le moins discutable que la tentative est régulièrement faite de légitimer ces orientations. En effet, il est régulièrement avancé qu’il y a plus de 35000 Communes en FRANCE et que c’est beaucoup trop. Certes, le chiffre peut paraître astronomique mais il faut l’interpréter.

Au 1er janvier 2017, il y avait 35 416 communes dont 85%, soient 30104 communes, avaient moins de 2000 habitants, c’est à dire 23% de la population ou 15 .407.896 millions de français.
Par conséquent, 5312 Communes ont plus de 2000 habitants soit 15% c’est à dire 51.582.959 millions de français, soit 77% de la population. Il y a donc en moyenne 9710 habitants par commune. Evidemment, ce chiffre n’est qu’une moyenne mais il me sert à faire une comparaison avec l’Allemagne devenue l’Etalon-or pour certain.
Or, en Allemagne, il y a 12226 communes dont la population moyenne s’élève à 6733 habitants
Le tissu communal français n’est donc pas ce tissu tant décrié, atomisé et inefficace qui amène tous ces grands penseurs à considérer que l’ordre n’est que dans les méga intercommunalités et les méga fusions.
De nouveau, les conséquences de la pensée unique, fondement des principes centralisateurs et collectivistes promue comme seule voie respectable pour servir l’intérêt général et devant primer les libertés et responsabilités individuelles. La richesse d’un modèle passe par la diversité de ses composantes dont l’appréciation raisonnée apporte l’Equilibre indispensable. Que penser de la loi SRU si contrainte par son seul chiffre de 25% ou du nouveau SDRIF et de la densification généralisée ?

Le modèle communal n’est plus correctement adapté à notre société. C’est un fait. Notre société a évoluée beaucoup plus vite tandis que les réformes ont été inexistantes. Nous nous heurtons alors à bien des difficultés comme la masse salariale que la digitalisation et le numérique rendent disproportionnée, livrant alors les comptes publics aux affres du sacro-saint équilibre financier.
La révolution numérique doit permettre d’accroître l’efficacité des collectivités territoriales.
L’automatisation des tâches administratives doit permettre de réduire les effectifs donc à terme la masse salariale ainsi que la qualité du service rendu à l’administré, notamment dans sa composante « délai ». En outre, les déplacements des administrés peuvent être sensiblement limités grâce à Internet.
La composante numérique peut aussi permettre d’accroître la transparence de l’administration vis à vis de l’administré mais aussi à l’administration de s’adapter grâce à un système des coûts entre communes notamment comme au Danemark

Le service public comme le monde de l’entreprise, toutes tailles confondues, sont tout simplement confrontés à une vraie révolution, à l’égal des révolutions de l’automobile et de l’industrie, c’est à dire celle de la digitalisation.

Aujourd’hui C’est l’effervescence ; si des métiers vont à terme disparaître tandis que d’autres naîtront sans que nous en connaissions les contours pour l’instant, il y a une certitude : Pareille époque va nécessairement permettre de découvrir l’excellence, laquelle étendra son champ d’expression et développera les talents, offrant à l’humanité des aventures exceptionnelles.

Cessons de nous plaindre et attachons nous à grandir au-delà de ces habitudes qui gangrènent.

Nous avons là un vivier d’une richesse incroyable qu’il nous faut utiliser et développer afin de proposer des solutions possibles et réalistes en ayant pour corollaire principal la sauvegarde de la proximité et pour axiome, le maintien indéfectible de la » Libre administration des collectivités locales »
C’est une formidable opportunité qui doit nous permettre de reconstruire cette confiance essentielle des citoyens avec la politique.

Alors, pour l’avenir et l’Essor de notre pays, pour le respect de cette diversité d’esprit et de pensées que représente si bien notre population, agissons pour que ces réformes soient engagées afin que le modèle de la commune évolue au profit de tous et grâce à la convergence des réflexions de tous car il y a des états d’esprit, une envie de futur, de la curiosité à entretenir chez tout le monde. Au-delà du respect des règles régaliennes, fondement des structures de notre société et garantes du respect des libertés individuelles, il y a cette capacité propre à chacun d’entre nous à faire naître des idées et les politiques (femmes et hommes réunis) doivent se rappeler qu’ils ne sont que de passage, que leur rôle est de fédérer pour permettre à la société de croître et d’évoluer et non de régresser, conséquence inévitable de décennies de collectivisme et de socialisme

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Salon de l’Artisanat d’Art-Saint Germain lès Corbeil-25 novembre 2017

Mesdames et Messieurs, 320x240_guerande-alchimy-art2-199Chers amis

Je suis très heureux de vous accueillir ici et d’être à vos côtés pour marquer l’intérêt que nous portons à ce salon, un salon qui fête son quarantième anniversaire, preuve si besoin était de son rayonnement dont Jacqueline et Jacky sont les promoteurs avertis . . . . mais comment imaginer le contraire quand j’entends parler de leur gentillesse et de leur investissement.
C’est un salon rare, même si il a 40 ans ; rare, à l’image de vos métiers et de vos savoir-faire. Mais c’est aussi un salon précieux, précieux à l’image des matières que vous travaillez, des gestes que vous accomplissez, si minutieux et si sensibles

Ce que l’on fête ici, ce sont vos talents : Ceux de faire usage de ces savoir-faire acquis, approfondis, réinventés au fil des ans, dans un espace de création nouveau, le nôtre, le contemporain. Un espace et un temps où la matière et la finesse plus que jamais reprennent leur droit. Un espace et un temps où l’objet du passé retrouve une vigueur nouvelle et où on le conjugue avec les formes, les usages et les attentes d’aujourd’hui

Vous l’aurez compris, je suis profondément attachée à vos passions, à votre art. J’en mesure à chaque fois la richesse, la créativité, la beauté. Je ne connais rien de plus puissant que cette vocation de créer et de préserver les œuvres de l’art.

Pierre DEHAYE, membre de l’Académie des Beaux-Arts disait :
« Le métier d’art est une technique essentiellement manuelle, mise en œuvre par un professionnel hautement qualifié, une production d’objets uniques ou de petites séries ». « Tout art comme tout métier d’art, conjugue l’imagination créatrice et un ensemble de techniques ».

Quand nous parlons de concept de la création, nous disons que c’est le bouleversement du rapport à l’œuvre d’art, l’objectivation du regard induite par le mode savant d’intelligibilité des images, qui engendre le concept de création, parce qu’il engendre l’autonomisation des valeurs esthétiques. Valeurs en soi et pour soi, émancipées des instances non artistiques – et par là de tout « fonctionnalisme » – elles deviennent le critère primordial du rapport aux choses fabriquées qui fonde la définition sociale de l’œuvre d’art : critère de jugement, point de vue d’un classement qui sépare la création du travail, le créateur de l’artisan, la pratique artistique des arts et métiers mécaniques. Devenue mode de production artistique élitaire, la création autonome hisse les créateurs au rang des intellectuels, des savants. Ce qu’avait conçu Boccace, condamnant l’erreur de ceux qui peignaient « pour plaire aux yeux des ignorants plutôt qu’à l’intellect des savants », et qu’accomplira Léonard, pour qui l’artiste détient un pouvoir quasi divin, puisqu’il peut créer des choses qui n’existent pas dans la réalité, et les représenter dans l’apparence du réel.

Les artisans d’art incarnent les métiers de l’excellence, de la perfection ; leur savoir-faire est unique puisqu’ils le matérialisent dans des exemplaires qui ne se font qu’à quelques unités.

Merci à chacun de vous. Merci aux Maîtres d’art que vous êtes qui ne sont plus simplement des créateurs, mais des passeurs attentifs et généreux. N’oublians pas que c’est de vos métiers, des métiers d’art, que vient le mot chef-d’œuvre

Et enfin, merci à Jacqueline et Jacky dont l’art est majeur. Cet art dont la faculté est de savoir vous réunir tous les ans, autour de vos passions communes pour le bonheur des yeux de tous ceux qui sont là pour admirer et profiter de Vos travaux.

Je vous souhaite à tous un bon salon, un bon week-end et de belles et heureuses fêtes

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Commémoration du 11 novembre 2017

sans-titreMesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants,
Messieurs les portes drapeaux,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdemoiselles et Messieurs les élus du Conseil Municipal des jeunes
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués et services de secours,
Mesdames et Messieurs,

Mes chers concitoyens,

Chers enfants dont la présence nous fait toujours autant plaisir

Ce jour, nous rendons hommage aux Morts pour la France durant la 1ère guerre mondiale.

Célébrer le 11 novembre et l’armistice de 1918, c’est commémorer la fin d’un conflit qui fût, au début du 20ème siècle le plus meurtrier de l’Histoire du Monde, un conflit qui, en 4 ans, fera plus de 18 millions de morts et 21 millions de blessés.

Un conflit marqué par la plus grande bataille des batailles : Verdun ! Elle débuta en février par la prise du fort de Douaumont par les Allemands. Joffre était généralissime des Armées françaises et le général Pétain nommé commandant de la région fortifiée de Verdun et créa, en mars 1916, la première division de chasse aérienne pour dégager le ciel au-dessus de la zone.

Il lance son fameux « On les aura ! » et l’offensive allemande est stoppée au Mort-Homme.

La résistance des combattants français à Verdun fût relatée dans le monde entier. La petite ville meusienne, connue jusqu’alors pour le traité signé en 843 où les trois petits-fils de Charlemagne se partagèrent l’empire carolingien en trois royaumes, acquit une notoriété mondiale. Cette victoire défensive fût considérée par les combattants comme la victoire de toute l’armée française, dont la plus grande partie du contingent a participé aux combats.
Cette bataille  fit plus de 700 000 pertes (morts, disparus ou blessés), 362 000 soldats français et 337 000 allemands et pour la nation tout entière, Verdun devint le symbole du courage et de l’abnégation. La nation entière était mobilisée. La vie ne sera plus jamais comme avant.
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Célébrer le 11 novembre, c’est aussi fêter ce jour de 1918 où enfin ce conflit sanglant s’arrêtait, le jour où on voulait espérer que cette Première Guerre Mondiale serait la dernière, car ce jour là, on ne pouvait savoir qu’elle ne faisait que s’interrompre et que l’horreur allait recommencer en pire deux décennies à peine plus tard

S’il faut savoir faire la guerre pour préserver sa liberté, il faut aussi savoir faire la paix et la maintenir pour construire l’avenir
Aujourd’hui, l’Allemagne et la France sont en paix ; nos deux nations sont même devenues des moteurs de l’Europe.

Avec d’autres états de l’Europe occidentale, nous avons pris conscience des valeurs communes de notre civilisation : la dignité humaine, le respect des libertés de croyance et d’opinion, la recherche du progrès.

Ces valeurs, nous devons les affirmer haut et fort et les défendre ensemble. Si notre passé commun a construit l’Europe, parfois douloureusement, notre avenir doit la souder autour de ces valeurs
Il nous appartient, plus que jamais, dans le monde périlleux dans lequel nous vivons d’aller plus loin, d’associer et de conjuguer le souvenir des victimes avec la connaissance des causes, des circonstances et des conséquences de cette guerre. C’est un devoir pour la Mémoire et donc pour l’Avenir de nos enfants. Il est, en effet, toujours nécessaire d’expliciter en quoi la connaissance du mécanisme qui a mené de conflits locaux à un conflit mondial est vitale pour comprendre notre temps présent et en quoi la compréhension des dérives qui menèrent du patriotisme à une caricature nationaliste peut, peut être, éviter à notre temps de nouveaux et terribles drames. Comme beaucoup d’entre-nous, je fais partie de ces générations qui ont eu la chance d’arriver à l’âge que j’ai sans connaître ni subir une guerre mondiale. Cela nous donne, et cela me donne, des responsabilités encore plus grandes à l’égard  des générations qui, les unes après les autres, ont vu leurs rangs décimés sur tous les champs de bataille des guerres du 20ème siècle.
Cela nous donne aussi collectivement des responsabilités particulières à l’égard de ceux de nos concitoyens qui, aujourd’hui encore, risquent leur vie et, pour certains, la perdent sous l’uniforme de nos armées et au nom de la France. Combattants de la Paix, ils sont morts et ils meurent en son nom, prenant ainsi leur place dans cette douloureuse continuité des victimes que nous honorons, sans oublier non plus celles et ceux, policiers et gendarmes, qui perdent la vie dans l’exercice de fonctions de défense de notre vie sociale et sociétale contre des violences qui, de plus, en plus  nous menacent au quotidien. Oui Mesdames et Messieurs, aujourd’hui comme hier, c’est en nous battant pour la Paix, la sécurité, la justice et la Liberté que nous sommes fidèles à la mémoire de ceux dont les noms sont gravés sur tous nos Monuments
Nos enfants ne doivent pas être infirmes de leur passé. Ne restreignons pas l’enseignement de l’Histoire à l’école et continuons à rendre hommage à nos morts. Les générations de demain doivent savoir qu’il fut un temps où des Français se battaient pour ne pas tomber sous le joug d’une puissance étrangère, pour rester libres de leur destin, tout simplement ! Qu’importe que ces Français soient les ancêtres ou non de ces futures générations ; ils demeurent le lien vertical qui nous relie à la mère patrie, à notre mémoire commune

Alors, en ce jour de 11 novembre 2017, une nouvelle fois, nous le disons ensemble avec calme, avec sérénité mais avec  détermination :
Que Vive notre Patrie, la France au sein d’une Europe plus humaine ! Que Vive notre République et ses valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité et de Laïcité. Et que Vive la Paix ! Vive la République et Vive la France

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E. Macron, 8ème président de la 5ème République

elections-presidentielles-2017L’élection de notre nouveau Président restera dans les annales de la 5ème République comme un extraordinaire camouflet pour la classe politique traditionnelle. En effet, un presque inconnu talentueux, doué d’un vrai charisme et particulièrement chanceux vient de griller la politesse à toute une classe politique vieillissante ; le côté obscur de cette campagne y a fortement contribué, c’est indéniable par ces tentatives de manipulation et de désinformation du premier tour, volant aux citoyens les vrais débats, ceux dont l’objectif était d’aborder les projets de société bâtis pour redonner à notre Pays ses lettres de noblesse et sa vraie place dans le concert international.

Mais par-delà ce résultat dont le chiffre final pourrait laisser entendre qu’il est magistral, il ne lui faudra pas oublier que 25,44% de la population s’est abstenue et que 12% des bulletins déposés dans les urnes étaient blancs ou nuls. Ce résultat n’est donc pas du tout un plébiscite et il va lui falloir démontrer rapidement que son projet de société va permettre à la France dans son ensemble de sortir de l’ornière dans laquelle elle s’est coincée depuis de nombreuses années.

Un défi d’autant plus difficile que la France rurale, industrieuse, populaire et accablée de charges n’a pas beaucoup voté pour lui contrairement à la France mobile, jeune, entreprenante, cosmopolite et urbaine. Une fracture considérable qui rappelle que cette France rurale et industrieuse qui a fait la colonne vertébrale de notre pays est en train de mourir à petit feu, sans aucune perspective, sans internet et sans services publics.

La tâche est immense mais comment pourrait-elle être autrement quand on voit la décrépitude de notre système éducatif, la grave situation des comptes de la nation et le nombre  inouï de citoyens sans emplois.

L’échec est interdit car notre pays pourrait alors se soulever, surtout si la Droite qui vient de nouveau de rater un tournant de l’histoire, s’enfonce dans ses querelles internes dirigées par les ambitions dévorantes sans proposer une véritable alternative. S’allier dans le cadre d’une grande coalition serait une grande erreur qui fragiliserait notre démocratie, ce régime précieux qui donne un cadre et une forme aux divergences et aux oppositions.

Si notre nouveau Président va devoir relever un défi d’ampleur pour toute la France, la Droite a le devoir d’enrichir notre démocratie par un vrai travail de fond contextuel, nouveau et alternatif.

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le 8 mai à Saint Germain lès Corbeil

8 mai'Cérémonie du 8 mai 2017

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires
Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants
Mesdames et Messieurs les élus
Mesdames et Messieurs
chers amis

Hier, le peuple français au-delà de toutes considérations arithmétiques a élu son nouveau Président de la République, le 8ème de la Vème constitution.

Les citoyens français viennent donc de voter, viennent donc de s’exprimer, de faire leur devoir.

Un devoir !!!

Et pourtant, il s’agit d’un droit voire d’un privilège – car il s’agit bien là de libertés

  • La liberté de la parole
  • La liberté de voter
  • La liberté de vivre dans un pays démocratique
  • La liberté de vivre dans un monde en Paix si l’on en fait le choix

Mais les attentats subis par nos journalistes, symboles de la liberté d’expression, par notre population un jour de fête Nationale, par nos Policiers, symboles de la Sécurité Nationale ne sont–ils pas des atteintes à toutes ces libertés ?

Il est donc aujourd’hui vital que nous nous battions contre ces ignorances qui mènent droit aux ténèbres, contre ce qui s’oppose à la diffusion des lumières, des connaissances scientifiques, de l’instruction, du progrès, contre cet obscurantisme que tente de nous imposer le radicalisme islamiste.

Un combat d’ampleur car les menaces sont multiples, venant de tous les endroits de la planète où la liberté de l’être humain est agressée, violée ou anéantie.

Un jour comme aujourd’hui prend alors toute sa dimension. La mémoire ne doit en aucune manière s’affaiblir car elle est un bouclier d’une force incroyable.

Rappelons – nous
Le 8 mai 1945, à 23h01, au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie signée à Reims, la Seconde Guerre mondiale se terminait officiellement en Europe.

Le soulagement et la joie ont eu tout de même du mal à déborder sur le lourd bilan qui commençait alors à s’emparer des esprits.

Nous regardons de loin cette large blessure et nous avons du mal à imaginer quelle dure réalité, ces jours, ces années ont dû être pour tous les soldats, pour leurs familles. Nous avons toujours du mal à imaginer comment des hommes peuvent combattre et détruire d’autres hommes. Comment la guerre est-elle possible ? Et pourtant, elle était bien là…

Et tous ces soldats ont combattu pour la France, pour la protéger de l’envahisseur, pour la sauver des idées nazies et de la dictature.

Alors, depuis cette date, nous célébrons cet anniversaire pour nous rappeler que par-delà les frontières, les soldats ont fait preuve de solidarité, par-delà la peur les soldats sont venus combattre, par-delà leur humanité ils ont fait la guerre et parfois ils n’en sont pas revenus, physiquement ou moralement.

C’est justement parce qu’ils ont dû faire la guerre avec toutes les horreurs qu’elle véhicule que nous devons nous souvenir combien préserver la paix est notre devoir, combien la Paix est un bien précieux.

La paix est fragile et pourtant elle est aussi notre force. La liberté dont nous bénéficions doit être la garante de cette paix. Osons nous exprimer, osons dire à nos enfants la valeur de cette paix. Ils doivent savoir combien la paix a été gagnée au prix de grandes batailles et qu’elle demande encore aujourd’hui son lot de sacrifices.

Nietzsche disait que « Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. »

Alors entretenons notre mémoire individuelle ou collective, ensemble et rappelons-nous ce que disait le Philosophe Alain :

« Le bonheur n’est pas le fruit de la paix, le bonheur c’est la paix même. »

Alors, maintenant, je vous propose d’observer une minute de silence en pensant au courage de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui ont permis et qui permettent à l’humanité de se défendre d’elle-même.
8 mai

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Voyage en ordinaire – vernissage de Damien Arlettaz

DamienArlettaz_Instantanés042Le nom donné à cette exposition traduit parfaitement ce que notre vie a de classique, de commun dans le sens expressif du terme, mais aussi de familier et de coutumier, autrement dit de riche car la vie qui n’est pas un long fleuve tranquille, permet à tous d’accumuler des indices, des repères et des symboles qui font de nos parcours, des histoires uniques donc Extra….ordinaires.

Cette rencontre que Damien ARLETTAZ propose avec chacun est alors la pénétration d’un espace unique qui permet comme il le dit si bien : « d’apporter un regard singulier sur votre histoire »

Il pose un regard singulier sur l’ordinaire qui, par la force des choses, est unique mais qui apporte effectivement une vision particulière où les espaces d’interprétations peuvent être nombreux.

 

Le monde de l’imaginaire à la rencontre de l’ordinaire, un message transporté à merveille par la photographie.

DamienArlettaz_Instantanés037

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Salon du Livre de Saint Germain lès Corbeil

 

livres

L’émotion est grande aujourd’hui car nous nous retrouvons ici pour le second Salon du Livre de Saint-Germain-lès-Corbeil après une première édition réussie, une réussite, fruit du travail acharné et quotidien de nos équipes de la culture et de la médiathèque dont la passion de la littérature n’a d’égal que  le plaisir de plonger dans l’univers du livre. Oserions-nous dire que pour nos collaborateurs de la Médiathèque,

« La littérature, c’est la vie intérieure qui devient la vie »

Je tiens à vous remercier pour être venus aussi nombreux et je me réjouis de fêter  avec vous cette littérature jeunesse si importante, fidèle compagnon de route de l’enfance et de l’adolescence qui procure les premières grandes émotions littéraires, qui introduit aux subtilités du langage, dont la compréhension des nuances est une ressource inestimable à tout âge et en toutes circonstances, qui fait des jeunes lecteurs les lecteurs avertis et passionnés de demain.

C’est pour cela qu’il est impératif que chacun puisse, dès le plus jeune âge, faire, comme Montaigne, du livre un ami : il nous faut donc créer très tôt les conditions d’une belle et longue amitié avec le livre chez nos jeunes concitoyens et développer la place du livre et de la lecture dans la vie des enfants pour qu’une fois adultes, ce tête-à-tête avec l’œuvre et l’auteur se poursuive et devienne aussi naturel qu’un échange avec un être cher. C’est parce qu’on a lu jeune, et aimé cela, qu’on lit toute sa vie.

Mais pourquoi Littérature Jeunesse ? Car aujourd’hui, la bande dessinée est à l’honneur et n’a-t-on pas coutume de dire qu’une âme d’enfant subsiste en permanence au fond de nous ?

Merci à tous pour votre présence, vrai témoignage du prestige de la littérature. Merci à ZAÜ, notre invité d’honneur dont les débuts dans la littérature jeunesse datent de 1967.

Mais en définitive, Chantal DEBAISE, photographe et cinéaste belge, n’a-t-elle pas raison lorsqu’elle dit :

« Un livre, c’est comme une bande dessinée, sauf que les images se trouvent entre les lignes »

A l’honneur aussi, la Poésie. Et pour cela je voudrais lire un verset du poème de Théophile Gautier : « Le pin des landes » qui me semble traduire avec force la puissance de la Poésie.

Le poète est ainsi dans les landes du monde ;

Lorsqu’il est sans blessure, il garde son trésor.

Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde

Pour épancher ses vers, divines larmes d’or !

En tout état de cause, ma conviction profonde est que la lecture est un puissant  vecteur d’émancipation qui décuple la puissance de nos imaginations, qui invite à rêver et à penser, qui éveille notre curiosité, c’est aussi par la lecture que s’affirme l’identité : en apprivoisant la solitude et le silence, on prend goût à être soi, on enrichit et fortifie son être intérieur.

Pour conclure, j’aimerais m’appuyer sur les propos du dramaturge, romancier, Eric Emmanuel SCHMITT

« La littérature ne bégaie pas l’existence, elle l’invente, elle la provoque, elle la dépasse »

 

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Vœux à la population 2017

Voeux 2017

Monsieur le Député, cher Romain COLAS

Monsieur le Président du Conseil Départemental de l’Essonne, cher François DUROVRAY

Madame la directrice L’Union des Maires de L’ESSONNE, chère Caroline PARATRE

Monsieur le Maire de Draveil, cher Georges TRON

Mesdames et Messieurs les maires de Grand Paris Sud

Mesdames et Messieurs les Maires

Monsieur le Maire honoraire des Saint-Germain-lès-Corbeil, M. Marcelin

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux et communautaires

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités religieuses civiles et militaires

Mesdames et Messieurs les responsables associatifs

Mesdames et Messieurs les directeurs généraux des services de notre ville et de l’agglomération

Mesdames et messieurs les directeurs d’écoles

Mesdames et Messieurs les enseignants

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux du CMJ

Mesdames et Messieurs les agents communaux et intercommunaux

Chères Saint-Germinoises

Chers Saint-Germinois

 

Notre ami, Jean Pierre Lerouge, conseiller municipal, nous a quittés cette année. Son décès nous a particulièrement touchés et nous garderons de lui le souvenir d’un homme dynamique, aimant rire, possédant beaucoup d’humour et surtout de sagesse. Cette musique de Jazz qui nous accompagne ce soir, il l’aimait tout particulièrement et nous lui rendons tous hommage ce soir.

C’est avec beaucoup de plaisir que nous vous accueillons ce soir à la traditionnelle Cérémonie des Vœux de notre Commune, Saint Germain lès Corbeil, et d’aucuns diront peut être que mon introduction a plutôt l’aspect d’une  vieille rengaine. J’aurais plutôt envie de parler d’un triste recommencement car comment entamer ce discours autrement qu’en 2015 et 2016.

Car la France comme d’autres pays a une nouvelle fois été victime de l’horreur des attentats commis par des terroristes inqualifiables noyés dans un obscurantisme sans borne.

L’été 2016 a été meurtrier et au-delà des très nombreuses victimes de NICE, nous ne devons pas oublier le policier de Magnanville et sa compagne ainsi que le Père Jacques Hamel à Saint Etienne du Rouvray. Mais il nous faut aussi avoir une pensée pour les victimes de l’attentat du 19 décembre dernier en Allemagne.

Je veux dire ici notre compassion à l’endroit des familles qui ont perdu un des leurs durant ces attaques. Mais dire également, en votre nom, toute notre considération et notre immense gratitude pour l’ensemble des forces de sécurité engagées dans un bras de fer considérable et qui agissent au quotidien pour notre protection. Continuer la lecture

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La conscience vaut milles témoignages

Jean-Jacques Rousseau disait : « Conscience, sans toi je ne sens rien en moi qui m’élève au dessus des bêtes, que le triste privilège de m’égarer d’erreurs en erreurs à l’aide d’un entendement sans règle et d’une raison sans principe »

Quoique puisse être notre quotidien, prendre un instant de son temps, souvent contraint par des urgences qui n’en sont pas, pour lire l’histoire qui suit, peut ne pas être inutile. Le difficile travail d’introspection s’impose alors à nous lorsque nous sommes confrontés à pareille histoire.

Sans préjugés car là, il faut les bannir. …

Une forme d’examen de conscience qui ne doit pas mener à la culpabilité mais nous aider à lire avec lucidité les états subjectifs des autres. Histoire d’apporter grâce à la réflexion menée, une pierre modeste mais solide à l’édifice d’un monde meilleur.



« Laure, la soeur d’Anne Crignon, a disparu le dimanche 14 août. Elle est « majeure protégée ». Elle a finalement été retrouvée dans un train pour la Bretagne. Très fatiguée. Mais tout allait bien. Pour Anne Crignon, l’histoire de la recherche de soeur offre une occasion de réviser les clichés, réajuster nos jugements.

leplus.nouvelobs.com

 

Le dimanche 14 août à 18 h 30, ma soeur Laure a disparu. Laure est une « majeure protégée ». Elle vit à Quimper, sur la pointe de la Bretagne, entre l’hôpital psychiatrique et son petit appartement avec vue sur l’Odet. Laure était venue passer le week-end du 15 août à Paris. Ce dimanche-là, nous étions sous la tour Eiffel. Une alerte au colis suspect a provoqué un mouvement de foule qui nous a séparées. Je l’ai cherchée partout. A la tombée du jour, je me suis assise sous un arbre et j’ai réalisé : j’avais perdu ma sœur. Il ferait nuit bientôt, elle était sans argent, sans téléphone, incapable de retrouver son chemin.

Ce soir-là, la police du VIIème -où est la tour Eiffel- patrouillait déjà dans le quartier. Un policier m’a rappelée à 3 heures et s’est montré rassurant dans le grand silence d’une première nuit d’attente. Bien sur, ça peut prendre du temps mais en principe on les retrouve, m’a-t-il dit. Cette même nuit, un policier du commissariat de mon arrondissement (XXème) rédigeait le procès-verbal avec ce qu’il faut de délicatesse pour rendre moins pénible la séance de questions et réponses nécessaire au lancement des recherches.

Disparition inquiétante 

Le lendemain, le sac à main de Laure et ses chaussures étaient rapportées au commissariat du XVème arrondissement par un SDF roumain parlant mal le français. Laure avait dû marcher tout droit le long de la Seine, s’arrêter pour dormir, un banc peut-être, et perdre son sac ou se le faire voler. Entre temps dans la nuit, la PJ avait déployé le dispositif « Disparition inquiétante » et diffusé son signalement : 45 ans, facilement repérable avec son mètre 81 et sa carrure imposante, longs cheveux châtains-blond ramassés en chignon, les mains couvertes de bagues, les yeux verts et la voix grave. Bien sur, il y a eu ces derniers temps  des violences policières mais ce que j’ai vu de la police au cours de cette semaine sans Laure, c’est sa fraternité, cette valeur minorée du triptyque républicain. Dans les commissariats (de l’antenne de Balard à celle du Marais, où un balayeur de la ville de Paris a déclaré avoir vu Laure sur un banc et lui avoir parlé) et dans les rues, quand tard le soir nous faisons les quais pour chercher Laure parmi les sans-abris, nous avons eu affaire à des policiers attentifs et chaleureux.

Nous espérions que Laure avait rencontré des SDF et restait avec eux. C’était l’hypothèse la plus rassurante et c’était vraisemblable. Il y a dans la rue beaucoup de gens comme elle, titulaires d’une Allocation Adulte Handicapé (AAH) en raison d’un handicap qui rend la vie sociale aléatoire. A Paris, certains d’entre vivent dans le métro,  on en voit parfois un qui soliloque sur un quai. On se détourne par gêne, surtout par ignorance.

Laurent est arrivé au quatrième jour de la disparition de Laure, quand les réseaux sociaux relayaient  massivement son avis de recherche. Laurent est un SDF de Saint-Lazare, souvent assis sur des chaises fixées sous l’escalator au niveau -2 près de chez PAUL et de la Croissanterie. Une camarade qui passe chaque jour là bas lui a parlé de Laure. Il a immédiatement proposé son aide, en parfait connaisseur du milieu SDF parisien. Le soir même, place des Fêtes, à deux pas du centre d’hébergement de l’Armée du Salut où il dort depuis mars, nous faisions connaissance avec un homme robuste de 62 ans, le regard clair et la parole d’honneur. Il portait un polo marine à manches longues trouvée du « vestiaire », là où vont les pauvres pour se vêtir.

 

« Un SDF avec une culture, ça fait peur »

Laurent vient de « la vie normale ». Pendant vingt ans, il était cadre dans une enseigne de tourisme très prisée, à parcourir le monde avec la clientèle aisée qui veut le soleil en décembre. Notre guide est resté très discret sur les raisons pour lesquelles il s’est retrouvé à Saint-Lazare l’hiver 2015, avec son sac et sa vie par terre, assis comme dans la chanson de Souchon, à observer en retrait la marche du monde. Laurent n’a jamais pu faire la manche. Il dit qu’il a essayé mais qu’il n’y « arrive pas ». Alors ce sont les passants qui s’arrêtent et proposent un café, quelques pièces et parfois plus. Laurent les effraie un peu avec son histoire :

« Un SDF avec une culture et une pensée, qui sait parler et discuter, ça fait peur. Les gens se disent qu’alors ça peut leur arriver. »

Son regard sur la situation était en décalage avec mes sombres appréhensions. Ce que nous redoutions bien sur, c’est la mauvaise rencontre car Laure se lie très facilement. Il a posé plein de questions sur elle. Pour lui, ma sœur était en train de vivre sa vie et trouver une réassurance parmi le peuple des rues. Il disait que « dans la vie normale », encore, l’étrangeté dérange mais que parmi eux, elle ne serait pas jugée :

« Qu’est-ce que tu vas juger alors que tu es toi-même dans la rue ? On prend l’autre avec nous comme il est, sans lui poser de questions. On n’est pas dans la vie normale, ça n’est pas important de savoir d’où vient l’autre. S’il veut se joindre à nous, il peut se joindre à nous. S’il veut partir, il s’en va. »

Vivre avec la folie d’un proche

 Le lendemain dès l’aube, à l’heure où blanchit le ciel de Paris, il partait à la  recherche de Laure aux abords des quatre gares, Montparnasse, gare du Nord, gare de l’Est et d’Austerlitz, là où les gens dans la dèche font la manche. Il avait emporté une cinquantaine  d’avis de recherche. Depuis la veille, nous posions des affiches un peu partout. Des passants s’arrêtaient, certain pour nous parler d’un parent ou d’un ami psychotique à qui la mésaventure pourrait arriver un jour. Vivre avec la folie d’un proche est une réalité très partagée.

Après une pause estivale, les Restos du cœur rouvraient le samedi 20, retour très attendu, un événement même. Dans le bus 28 qui nous menait à Invalides, un des points d’ancrage de l’association, Laurent a rencontré Katia, vêtue de rose et d’un maquillage léger, dans la rue depuis pas mal d’années, et en route, elle aussi, vers la soupe populaire, dans un coin de l’esplanade. Une table sur tréteaux est dressée. Il y a là une foule concentrée et grave, de vieux habitués, des réfugiés. Sur les visages on lit l’usure, la solitude et la méfiance.  Un volontaire tend à chacun une brandade de morue et une cuillère. Katia sort de son sac à main une fourchette et nous la montre : dans la merde, oui, mais pas au point de manger sa purée à la cuillère. Il est 20 heures passé.

Guidés par Laurent, nous repartons vers une autre soupe populaire, dite « des musulmans », dans le quartier de Saint-Lazare celle-là, à deux pas des grands magasins. La nuit tombe nonchalamment sur ce quartier touristique et huppé. A deux pas des gens installés en terrasse, des SDF attendent sur les bancs publics et les marche de l’église de la Chaussée d’Antin. Plus d’une heure s’écoule. Un  mouvement soudain vers une rue adjacente et étroite, près du Printemps, marque l’arrivée du convoi. Il est 22 h30. Une camionnette noire à l’effigie d’« Au cœur de la précarité » (100 000 repas servis par an), les portes arrière qui s’ouvrent, des piques niques dans des sacs de plastique vert servis par Hassan et Omar. Quelqu’un dit « Les femmes d’abord ». Elles sont trois ou quatre, parmi une quarantaine d’hommes dans la pénombre. Un groupe hétéroclite et tendu, les yeux rivés sur les sacs.

Les non-personnes, cette théorie d’Orwell

J’ai pensé au poème de Baudelaire, « Les yeux des pauvres », où deux enfants en guenille dans les bras de leur père regardent fixement un couple de dîneurs à travers la vitre d’un café chic. J’ai pensé aux édiles hauts placés de la République, le luxe qui les entoure, leur sentiment que ces privilèges leur sont dus. J’ai pensé au mépris social. J’ai pensé à François Hollande et à son discours insincère sur « les plus démunis ». J’ai pensé à Noam Chomsky, intellectuel américain attelé au dévoilement du système de propagande qui fait l’opinion dans les démocraties (1), j’ai pensé à ses écrits sur  « les non-personnes »,  concept qu’il a emprunté à Georges Orwell.

Les non-personnes sont les humains qui n’ont pas le profil de l’occidental avec une carte bleue et une carte d’électeur. Au Moyen Orient on les bombarde. Ils sont les « dommages collatéraux ». Ici on les laisse mourir de froid et d’épuisement. 497 SDF sont officiellement décédés dehors, en France, en 2015 mais pour le collectif Morts dans la Rue, le chiffre s’élève à  2800.  A bien des égards, le malade mental est aussi une non-personne, reléguée dans cette zone de non-droits qu’est souvent l’hôpital psychiatrique, contraint d’ingérer chaque jour un mélange de psychotropes que son psychiatre hésiterait à prescrire même pour 48 h à un être cher.

Un petit groupe se forme autour de nous. Des inconnus sincèrement désolés par la disparition de Laure. Un garçon avec un bras en écharpe et des yeux clairs nous dit qu’il s’appelle Viktor et qu’il est polonais. Il demande des affiches pour les poser sur son chemin du retour. Une femme propose d’en mettre dans un abribus de proche banlieue, une autre à Aubervilliers. Un Algérien en  prend une dizaine pour les emporter  à Barbès. Il ne veut pas de mon rouleau de scotch. Il veut en acheter un, nous faire ce cadeau. Il fait nuit noire.  Ils sont vingt à repartir avec des avis de recherche.

 Toilette au Hilton

Entre temps, d’autres se sont organisés pour dormir sous les grands porches éclairés du Printemps, entre les vitrines provocantes. Des cartons neufs et dépliés serviront de paravent jusqu’au matin pour ces dortoirs fragiles. Laurent nous dit que les responsables du grand magasin sont d’accord, sous condition que les dormeurs partent avant l’ouverture. Laure n’est pas parmi eux. Nous passons devant le Hilton. Laurent raconte que jusqu’aux attentats, avant Vigipirate, les portiers le laissaient entrer tous les matins pour aller aux toilettes.

Cette nuit-là, ma soeur était retrouvée dans un train pour la Bretagne. Un contrôleur a signalé cette étrange passagère qu’on a fait descendre à Rennes pour la conduire au centre hospitalier. Très fatiguée. Mais tout allait bien. Elle avait des baskets et un sac à main, deux preuves que dans  la rue elle a trouvé de l’aide. Une infirmière, Virginie, veille sur elle endormie sur un brancard dans le couloir surchargé des urgences en attendant notre arrivée. Il y aurait beaucoup à dire, aussi, sur le rôle central des aides-soignantes et des infirmières dans nos vies. Et sur le peu de cas que les élus font de leurs revendications et de celles qui se sont suicidées.

Je savais qu’il serait difficile de savoir ce que Laure a vécu dans la rue à Paris au cours des six  nuits et jours passés dehors. Sa perception de la réalité est mouvante, le vrai se mêle à l’invention et son  monde est complexe. Poétique aussi, souvent drôle. Ce qu’elle dit doit être interprété parfois mais rien de grave ne lui est arrivé. Il semble que c’est un sans-abri qui l’ait menée au train.

Une fois levées les inquiétudes, l’histoire de sa recherche offre une occasion de réviser les clichés, réajuster nos jugements. Elle fait barrage au sentiment que nous avons tous plus ou moins que l’égoïsme contemporain est sans limite. D’ailleurs hier encore, un numéro inconnu s’est affiché sur mon téléphone. En ligne, Hacène. J’ai reconnu la voix de l’Algérien de Barbès. II avait posé ses affiches et venait aux nouvelles. Quand il a su Laure retrouvée, ça l‘a rendu heureux :

« Cette femme-là m’a fait pleurer, m’a-t-il dit. Elle m’a fait penser à ma sœur ou à ma mère. Avec une disparition comme ça, on ne sait pas ce qui peut arriver. Nous l’avons cherchée. Vous l’avez cherchée. Tout le monde l’a cherchée. Le bon Dieu aussi l’a cherchée. Et il l’a remise à sa place ». »

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